Les fermes de Spiruline du Burkina Faso

Historique de la spiruline au Burkina Faso

C'est à Nanoro qu'a été entreprise en 1996 la première culture de spiruline à l'attention des enfants du CREN, Centre de Récupération et d’Éducation nutritionnelle local, sous la direction des frères Camilliens, avec le concours des associations Codegaz et Technap. Cette première réalisation était complétée en 1997 par 4 bassins de 8 m2 construits à l'hôpital Saint Camille de Ouagadougou, à destination du CREN de l'hôpital.

A Koudougou était créée en 1999 la première grande ferme de culture de spiruline au Burkina Faso sous la direction de l'O.C.A.D.E.S Koudougou (Organisation Catholique pour le Développement et la Solidarité ) et de l'ONG française Codegaz.

Les trois principaux objectifs de la ferme étaient alors :

  • fournir les centres de récupération nutritionnelle du diocèse (CREN ) et les centres de santé Burkinabé de façon à lutter contre la malnutrition. Cette partie vendue à perte est aujourd'hui encore subventionnée par la partie commercialisée.
  • commercialiser le reste de la production (80%), de façon à équilibrer les coûts de production et proposer au grand public une spiruline à bon marché.
  • lutter contre le chômage de la ville de Koudougou, grâce à la création d'emplois au niveau de la ferme.

Aujourd'hui, le succès de la spiruline (amélioration de la santé du public et des malnutris) a permis l'extension des fermes de production déjà existantes et la création de nouvelles fermes en vue de satisfaire la demande croissante au niveau du Burkina et dans les pays limitrophes.

Les fermes de Koudougou, entreprises humanitaires

Ferme de spiruline du petit séminaire à Koudougou (Burkina Faso)

- Ferme du Petit Séminaire

La ferme du Petit Séminaire a été agrandie par étapes jusqu'à 900 m2. Aujourd'hui sa capacité de production moyenne est de 150 kg/mois. La ferme est gérée comme une entreprise moderne et satisfait depuis 2000 à l'autofinancement de sa production. Elle doit aussi rassembler les fonds nécessaires pour son développement. Elle n'en reste pas moins une entreprise à vocation humanitaire dans le sens où l'objectif reste une minimisation des prix de vente de la spiruline pour le grand public et la distribution "à perte" pour les plus démunis. La production de la ferme a été agréée par le ministère de la santé en 2005 après vérification de la qualité de la spiruline .

 

- Ferme «Nayalgué» (visite guidée)

A partir de 2001 l'étonnant succès de la ferme de spiruline de Koudougou a conduit au développement d'autres fermes au Burkina Faso grâce à de nombreuses ONG, ainsi qu'à l'implication de l'Etat Burkinabé dans un grand projet, nommé « Projet Spiruline Nayalgué », en collaboration avec le diocèse de Koudougou et l'ONG française TECHNAP .
Ses objectifs sont l'amélioration de la santé au Burkina Faso, en particulier la lutte contre la malnutrition et l'aide aux personnes atteintes du VIH/SIDA.
Le projet «Nayalgué» signifie en langue mooré «ce qui s'étend » . Cette ferme a une superficie actuelle de 1200 m2. Elle devrait atteindre 3600 m2 et produire 8t/an de spiruline. Compte tenu de la capacité de production de la ferme, trois groupes cibles bénéficieront à terme de la spiruline qui y sera produite :

  • groupe 1 : les enfants de moins de cinq ans souffrants de malnutrition grave et pris en charge dans les CREN (16 600 enfants dénutris traités/an - 25% de la production) ;
  • groupe 2 : les personnes vivants avec le VIH (2.000 malades traitées par an - 20% de la production) ;
  • groupe 3 : au sein de la population générale, toute personne soucieuse d'améliorer son état de santé (44.000 personnes par an - 55% de la production).


La ferme a produit en 2007 3,1 tonnes de spiruline. Les distributions sociales ont commencé sans atteindre encore leur plein régime.

C'est finalement une entreprise à vocation humanitaire, qui a vu le jour au Burkina Faso :

  • Par « entreprise », nous entendons une unité de production placée sous le contrôle d'un chef d'exploitation avec une équipe d'exploitants professionnels, les produits de l'entreprise permettant d'assurer l'autofinancement de la production.
  • Par « vocation humanitaire », nous entendons que l'objectif de la ferme est de mettre la spiruline à la porté des habitants du pays, ceci, même pour les plus pauvres.

Les autres fermes de production de spiruline au Burkina Faso

Ferme de Loumbila(2001) située à 15 Km au nord de Ouagadougou , placé sous le contrôle des sœurs missionnaires et avec l'aide de l'association Antena Technology. 330 m2 sont en exploitation et produisent environ 6g /j /m2, soit une production d'environ 50 Kg/mois.

- Ferme de Nanoro (1996), située à 75 Km au nord de Koudougou.
Quatre bassins de 60 m2 sont construits et exploités par les frères Camilliens, avec l'aide de M. et Me Cousin. Production mensuelle d'environ 30kg. Distribution notamment au CREN de l'hôpital Saint Camille de Ouagadougou.

- Ferme de Ouahigouya (2003), 4ème ville du Burkina, au nord du pays.
Construction de 1 deux bassins de 100 m2. La ferme est placée sous le contrôle de l'association Bilfu Bilfu et de MM.André et Chantal Buhler. Production moyenne de 25kg/mois. Distribution dans les CREN de Ouahigouya, et commercialisation de la part restante.

- Ferme de Sapouy (2004) dans la province du Ziro, situé à 100 Km au sud de Ouagadougou. Deux bassins de 10 m2 chacun produisent en moyenne 2kg de spiruline par mois. Contrôle par association ASFBD. Distribution gratuite dans trois écoles du voisinage.

- Ferme de Sabou (2003), située sur l'axe Ouaga - Bobo à 85 Km de Ouagadougou .Six bassins de 25 m2 sont prévus mais un seul est en exploitation sous la direction de l'association Wend Kuni d'aide aux personnes handicapées. La spiruline produite est distribuée au CREN de Sabou et commercialisée pour le reste.

L'ensemble de ces fermes sont agrées ou en cours d'agrément par le ministère de la santé Burkinabé afin d'être intégrées dans les circuits de distribution de la santé publique.

 

Conseils aux ONG intéressées par la construction et l'exploitation de fermes de spiruline

De plus en plus d'articles de presse, de pages sur Internet ou de reportages de télévision vantent les mérites de la spiruline et conduisent de nombreuses ONG à des projets de culture de spiruline dans les pays en voie de développement. Il est souvent exprimé dans la presse que la culture artisanale de la spiruline est relativement simple.

10 années d'expérience dans ce domaine nous ont prouvé le contraire.

Nous ne saurions trop vous recommander, avant de vous lancer dans une telle aventure, de lire attentivement le document « spiruline humanitaire : penser au lendemain » (format word) ainsi qu'un exemple de lettre que nous adressons régulièrement à certaines ONG :

Nous avons bien compris votre projet de réalisation de production de spiruline au sein de votre orphelinat, et il est tout à fait louable. Votre objectif est la baisse du prix de la spiruline par rapport au prix d'achat à la ferme de Koudougou. Hélas, madame, La ferme de Koudougou fait le maximum pour vous proposer des prix minimum que vous ne pourrez approcher avec votre installation. En effet, normalement, en tant qu'orphelinat du Burkina Faso, vous devez automatiquement bénéficier du tarif humanitaire de 15 000 FCFA le kilo (et non 17 000 FCFA), qui correspond aujourd'hui au prix de revient de la ferme de Koudougou. Nous avons pu constater en 15 ans d'expérience sur des installations de tailles différentes, qu'il existe un « effet d'échelle » très net qui désavantage fortement les petites installations. Pour être concret, une installation comme celle que vous envisagez, de 200 m2 , devrait produire à un prix de revient de l'ordre de 20 000 FCFA le kilo, prix bien supérieur à celui que vous pouvez obtenir aujourd'hui de la ferme de Koudougou. Et ce coût ne prend pas en compte toute l'énergie humaine (et l'argent) que vous devrez injecter pour la construction puis la supervision pour maintenir l'installation en fonctionnement... Comptez pour votre installation 20 millions CFA d'investissement.
Je ne veux pas vous décourager pour une production de spiruline, au contraire ! Si je pouvais... Mais il est des réalités économiques incontournables et auxquelles nous sommes constamment confrontés, ce que malheureusement beaucoup d'ONG ont des difficultés à comprendre. Je vous propose de lire attentivement le document Word attaché « Spiruline humanitaire » et de nous rencontrer à partir du 16 ou 17 septembre à Koudougou. Vous pourrez alors me contacter sur mon portable à tout moment au 00 226 70 80 81 08.

PS : Si le prix de 15 000 FCFA le kilo vous paraît encore trop important, peut-être y aurait-il une possibilité de vous faire passer dans le contingent des CREN diocésains qui bénéficient d'un prix d'achat de ... 4 000 FCFA le kilo. Mais nous vendons alors avec une perte considérable et les quantités livrables sont limitées, car il faut maintenir la ferme de Koudougou en bonne santé financière ! Ce serait donc une décision de l'OCADES.

Amicalement

En définitive, nous conseillons :

  • aux ONG n'ayant que peu de moyens ou de temps à consacrer à la spiruline, de nous aider directement, soit par l'extension de nos capacités de production, soit par l'achat de spiruline à objectif humanitaire, que nous pourrions envoyer au dispensaire de leur choix.
  • aux ONG désireuses de s'investir très sérieusement dans la spiruline de consulter en PRIORITE le site www.technap-spiruline.org, puis de suivre les sessions de formation au CFPPA du lycée agricole de Hyères (Var), sessions courtes (5 jours) pour les responsables d'ONG ou longues (3,5 mois) pour les futurs chefs de projet « spiruline ». Le contact est Monsieur Claude Villard, tel 00 33 4 94 38 71 83 , secrétariat CFPPA 00 33 4 94 00 55 55.

 


REVUE DE PRESSE / TELE / RADIO

Le progrès: Spiruline : L’aliment aux multiples vertus nutritionnelles et thérapeutiques

LEPAYS.BF: REFUGIES MALIENS DE MENTAO AU BURKINA - De la spiruline en complément nutritionnel
RFI: La spiruline, par Claire Hédon (Priorité Santé) - 17 août 2010
TV5: (VIDEO) La spiruline au Burkina-Faso - 30 juin 2008
TV5: (VIDEO) La spiruline au Burkina-Faso - 15 décembre 2006
Le monde: L'afrique mise sur l'algue verte pour mieux se nourrir - 6 mars 2006
Le Web de l'Humanité: Spiruline, l'espoir sans faim - Article paru le 26 juin 2004
L'Express: Les compléments alimentaires - Spiruline : la bonne algue verte
Femme Actuelle: L'algue qui sauve des enfants en afrique - 03 mai 2004
Le Faso: La spiruline : une algue aux multiples vertus - mercredi 12 novembre 2003.